Une puissance de vie pour résister à la dureté du monde
Jul 31, 2026Pour terminer cette quatrième semaine, je vous invite dans la contemplation de cette valeur fondamentale qu’est la bienveillance.
Certains mots peuvent faire réagir. Gratitude, bienveillance… cela peut paraître dégoulinant de bons sentiments. Pourtant, la bienveillance est avant tout une puissance de vie. Je ne l’évoque pas ici comme une vertu, mais comme une stratégie – cette trousse de secours a vocation à nous servir dans la vie de tous les jours pour résister à l’oppression et à la maltraitance qui sont déversées sur nous.
Plus le monde est dur et brutalisant, plus il est essentiel, pour notre flottaison, de pratiquer la bienveillance. Elle nous ramène en retour tout un ensemble de bienfaits.
Il existe une pratique particulièrement étudiée : la méditation de la bienveillance (Loving-kindness Meditation). Elle consiste très simplement à se souhaiter à soi-même, aux personnes qu’on aime, aux inconnus, et plus tard même à ceux qui nous font du tort, de vivre en paix, d’être heureux et en bonne santé.
C’est quelque chose de spontané envers ceux qu’on aime. Mais on peut le faire de manière consciente et régulière. Et la caractéristique étonnante de cette pratique, c’est que si on la fait avec sincérité, on en retire soi-même de grands bienfaits. Dix minutes suffisent souvent à apaiser une petite perturbation émotionnelle.
On peut aussi l’intégrer dans les moments ordinaires de la journée : en attendant le bus, en croisant des gens dans la rue ou dans les magasins. Tout le temps passé à pratiquer intérieurement la bienveillance génère des effets considérables sur notre état d’esprit.
Nous vivons une époque d’une dureté effrayante, où les conditionnements visent à nous mettre en conflit les uns avec les autres. Face à ce déluge d’agressivité, il n’est pas de meilleure ressource que la bienveillance envers soi-même et envers les autres.
Et cette bienveillance passe aussi par le fait de se dire à soi-même : « Oui, c’est dur. Oui, ça fait des années que tu en baves parce que tu oses ne pas te soumettre à la manipulation. Oui, tu mérites le meilleur. »
Alors non, ce n’est pas un sirop pour bisounours. Non, ce n’est pas l’opium du peuple. C’est la stratégie la plus puissante que nous puissions mettre en œuvre dans notre vie.