Théâtrocratie et ingénierie sociale
Jul 13, 2026Cette deuxième semaine de la trousse estivale de secours, je ne vous le cache pas, sera difficile — à entendre pour vous, comme elle l'a été à préparer pour moi. La semaine passée, je vous ai montré la vulnérabilité endogène de notre cerveau : cette propension à accorder plus de poids au négatif. J'en aborde aujourd'hui le pendant exogène, en partant d'un constat : le déluge d'informations qui nous vise n'informe pas au sens de nous transmettre ce qu'il importerait de connaître. Il cherche à former nos convictions, nos réactions, à prendre le pouvoir sur notre manière de percevoir et de ressentir.
Pour le nommer, je remonte au troisième livre des Lois : Platon forge le mot de théâtrocratie, ce moment où le critère du vrai et du juste s'efface devant celui de l'applaudissement. Maffesoli l'a repris pour notre présent, et la justesse en est troublante : la scène médiatico-politique fonctionne comme une dramaturgie permanente où nous sommes assignés au rang de public, sommés d'applaudir, de trembler ou de nous indigner au signal.
Je décris alors la mécanique : terroriser par une alternance de grands chocs et de micro-traumatismes ; désigner l'ennemi par l'étiquetage et la stigmatisation ; renverser les repères en permutant les bons et les mauvais ; et sidérer, jusqu'à cette injonction de ne pas avoir vu ce que vous avez vu. J'appuie chaque point d'exemples précis, de l'Ukraine érigée en bastion de la démocratie jusqu'aux réseaux pédocriminels protégés par l'omerta.
Puis j'ouvre le travail de la semaine, car tout ceci n'a de sens que pour apprendre à s'en préserver : affûter le regard pour repérer nos déclencheurs, écouter les signaux du corps, disposer d'une intervention d'urgence contre l'anxiété, et retrouver l'intuition — dont l'origine, je le rappelle, est corporelle. Je vous remercie de votre intérêt et de votre confiance.