Retrouver le rythme du vivant

Aug 26, 2026
 

Notre culture a développé une véritable phobie de la mort. On l'a vu pendant le Covid avec la psycho-pandémie : on a fait croire à  l'immense majorité des gens qui ne risquaient absolument rien qu'ils étaient en danger de mort, les manipulant avec facilité une fois cette peur-panique provoquée.

De manière générale, on évacue la mort de notre société comme on met les défunts dans un sac plastique, on les fait disparaître. Dans les sociétés traditionnelles, la mort faisait partie du paysage. On mourait à la maison, on veillait les morts trois jours. Le bétail, les cultures, les animaux naissaient et mouraient sous nos yeux. Même le poulet emballé du supermarché a effacé jusqu'au souvenir que la bête a vécu.

Être vivant, c'est pourtant être assuré de mourir. La mort ne s'oppose pas à la vie : elle s'oppose à la naissance. Les relations naissent par exemple quand on tombe mutuellement amoureux et meurent lorsqu'on se quitte. Un projet commence comme une semence d'idée, grandit, fructifie, puis décline. Chaque matin est une renaissance, chaque soir un achèvement. Notre premier inspir ouvre notre vie, le dernier expir la ferme.

Les sagesses anciennes ont ritualisé ces cycles : Nativité, Pâques, équinoxes et solstices, semaisons, moissons, vendanges, hiver où la nature s'endort et se réveille avec le printemps qui revient.

La conscience de ces rythmes nous aident à affronter les épreuves. Les moments les plus durs sont souvent ceux qui nous font le plus grandir. Pendant le Covid, des choses sont mortes pour nous : des emplois, des relations, une certaine confiance dans le bon sens ou les valeurs communes. D'autres sont nées : de nouvelles amitiés, une conscience plus claire, la nécessité de se réinventer, parfois brutale.

Replacer notre vie et ses péripéties dans ce mouvement perpétuel – naissance, croissance, culmination, déclin, mort – permet de prendre une saine distance et de contextualiser les circonstances, immédiates ou durables, que nous traversons.