Reprise de la Trousse estivale : présentation de la 6ème semaine
Aug 17, 2026Nous abordons la blessure la plus profonde : la perversion du langage et, à travers elle, le sens qui vacille.
Le langage n’habille pas la pensée, il la constitue. Qui altère les mots altère la pensée. Victor Klemperer l’a montré de l’intérieur du nazisme : les mots agissent comme de minuscules doses d’arsenic. On les avale sans y prêter attention, l’effet toxique se produit quand même.
Deux opérations dominent aujourd’hui. La requalification transforme un acte en son contraire (« plan de sauvegarde de l’emploi », « lutte contre la désinformation »). L’étiquetage disqualifie une personne d’un seul mot et rend inutile de l’écouter. Ces deux gestes ont l’apparence d’une description, alors qu’ils accomplissent un acte.
Exemples concrets : l’alinéa français qui voulait faire passer l’aide à mourir pour une « mort naturelle », le débat suisse sur la neutralité, et la fabrication de l’étiquette autour de l’affaire Fauci.
Le même mécanisme fonctionne aussi en sens inverse. Un chiffre faux accolé à une question juste devient la cible et fait disparaître la question.
Face à des mots abîmés et à des repères dissous, le sens ne se reçoit plus tout fait. Il se cultive à partir des valeurs vécues. Nommer ses propres valeurs est un acte de souveraineté. Nommer libère. Travestir ou étiqueter enferme.