Psychologie du totalitarisme - Mattias DESMET invité par Louis FOUCHÉ

Jan 14, 2026
 

Je remercie Louis Fouché pour l'autorisation de rediffuser ici cet entretien réalisé en anglais et sous-titré en français.

Cette vidéo est une discussion entre le Dr Louis Fouché et Matthias Desmet, professeur de psychologie, sur le totalitarisme, la formation de masse et les moyens de résister à ces phénomènes.

Desmet explique comment la solitude et le manque de sens conduisent à l'anxiété, rendant les gens susceptibles à l'hypnose de masse et aux récits totalitaires. Il souligne l'importance de la parole sincère et de la résistance non-violente pour contrer ces tendances.

  • Le totalitarisme émerge de la solitude et de l'anxiété de masse.
  • La parole sincère est essentielle pour résister à l'hypnose de masse.
  • La résistance non-violente est plus efficace que la violence.

 

Introduction

Le Dr Louis Fouché présente Matthias Desmet, professeur de psychologie clinique et sociale, dont le livre sur le totalitarisme a été traduit en français. Desmet explique que son livre a été interdit à l'Université de Gand en raison de son analyse critique des tendances totalitaires émergentes, notamment dans les initiatives européennes qui, sous couvert de démocratie, révèlent des aspects de surveillance et de contrôle transhumaniste.

La psychologie des foules et la formation de masse

Inspiré par Gustave Le Bon, Desmet explique le concept de "formation de masse", un type de formation de groupe qui affecte le fonctionnement mental individuel. Les personnes sous l'emprise de cette formation perdent leur distance critique, sont prêtes au sacrifice de soi et deviennent intolérantes envers les opinions divergentes. Il illustre cela avec l'exemple d'une mère en Iran qui a dénoncé son propre fils et en a été fière.

Dictature vs. Totalitarisme

Desmet distingue clairement la dictature du totalitarisme. Dans une dictature, les gens obéissent par peur d'un groupe dominant. Dans un système totalitaire, une partie de la population est fanatiquement convaincue d'un récit et prête à détruire ceux qui ne sont pas d'accord. Cette formation de masse prend le contrôle de l'État et impose une doctrine étouffante, soutenue par une police secrète composée de citoyens prêts à dénoncer leurs voisins.

Les étapes de la formation de masse

Desmet décrit les étapes de la formation de masse : d'abord, l'atomisation de la société, où les gens se sentent seuls et déconnectés, puis l'émergence de l'anxiété flottante. Si un récit est alors diffusé par les médias de masse, indiquant un objet d'anxiété et une stratégie pour le traiter, l'anxiété se connecte à cet objet, et les gens adhèrent à la stratégie, même si elle est absurde. Ils ont alors l'impression de mener une bataille héroïque collective, ce qui renforce leur lien avec le collectif.

Le remède : la parole sincère

Le seul remède contre le totalitarisme et la formation de masse est la parole sincère. Les personnes qui ne sont pas sous l'emprise de l'hypnose de masse doivent continuer à s'exprimer de manière sincère, sans agressivité ni tentative de convaincre, mais en témoignant de ce qu'elles ressentent. Cela empêche les masses d'aller jusqu'à la destruction de ceux qui ne sont pas d'accord.

La fin du totalitarisme

Les formations de masse dans les États totalitaires sont intrinsèquement autodestructrices, mais il est crucial qu'elles se détruisent elles-mêmes avant de détruire ceux qui ne partagent pas leurs idées. La résistance doit continuer à s'exprimer dans l'espace public pour perturber l'hypnose collective. Le totalitarisme est une conséquence de notre vision matérialiste du monde, qui nie la conscience éthique. La solution est de redécouvrir une vision de l'homme et du monde qui place la conscience éthique au centre de notre existence.

Crise agricole en France et résistance non-violente

Face à la crise agricole en France, où le bétail est massivement abattu, Desmet conseille une résistance non-violente. La violence est souvent utilisée par le système pour justifier des mesures répressives. Il suggère que certaines personnes peuvent résister physiquement pour protéger le bétail, tandis que d'autres devraient porter le message de la non-violence.