Pourquoi le sens est le dernier rempart face à l’effondrement
Aug 19, 2026L’émission d’aujourd’hui s’inscrit dans la continuité directe de celle d’hier, consacrée aux valeurs fondamentales. Elle aborde une question tout aussi essentielle : comment construire du sens à sa vie.
Avoir un sens solide constitue un véritable socle. Il stabilise l’existence lorsqu’on traverse des situations difficiles. À l’inverse, la perte de sens rend particulièrement vulnérable à la manipulation et expose à ce que Marion Saint Michel appelle la « gouvernance perverse », qui cherche précisément à détruire les supports de sens.
L’expérience de Viktor Frankl est ici centrale. Psychiatre juif viennois déporté, il a perdu toute sa famille dans les camps. Il a observé que ceux qui parvenaient encore à construire du sens – par le partage du peu qu’ils avaient, par le besoin de témoigner, par les valeurs et le pouvoir d’agir conservaient une force intérieure indestructible. De retour à Vienne, il a constaté que des personnes n’ayant jamais connu les camps pouvaient pourtant sombrer dans un désespoir profond faute de sens à leur existence.
Le sens n’est jamais donné une fois pour toutes. Il n’appartient à personne et se construit en permanence, différemment selon les âges de la vie. Deux questions exigeantes en particulier permettent d’en vérifier la solidité : « S’il ne me restait que six mois à vivre, que changerais-je ? » et « Quelle épitaphe aimerais-je voir gravée sur ma tombe ? ».