Le point de départ le plus puissant pour transformer ce qui nous fait souffrir

Jul 30, 2026
 

Je nous propose aujourd’hui de revenir sur une notion absolument spectaculairement intéressante, mais aussi aux limites de ce qui est confortable pour nous habituellement : l’acceptation radicale.

En français, ces mots créent souvent de la résistance. On a l’impression qu’accepter radicalement signifie être d’accord, consentir. Or ce n’est pas du tout de cela qu’il s’agit.

Pourquoi en parler ? Parce que la recherche en thérapies psychologiques cognitives montre de manière convaincante que l’une des stratégies les plus efficaces pour surmonter une difficulté commence précisément par l’acceptation.

Nous avons hérité d’un modèle moderne très simple : problème – outil – solution. Si mon carburateur est en panne, je vais chez le garagiste. Il change la pièce et le problème est réglé. Ce modèle fonctionne parfaitement dans le domaine mécanique ou matériel. Il fonctionne en revanche assez mal dès qu’on entre dans la sphère de la psychothérapie, du coaching ou de la relation d’aide.

Pourquoi ? Parce que nous ne sommes ni des véhicules ni des meubles. L’anxiété n’est pas un « problème » à supprimer. C’est un vécu. Bien sûr qu’elle peut être déplaisante et entraîner des dysfonctionnements. Mais vouloir ne plus jamais ressentir d’angoisse n’est pas une solution réaliste. Il s’agit plutôt de grandir dans une direction où les choses prennent leur juste place : suffisamment d’anxiété pour être attentif, pas assez pour être submergé.

Ce que la recherche montre clairement, c’est que ce contre quoi on lutte se renforce. Plus on part d’un point d’acceptation – « Oui, j’ai des crises d’anxiété. Oui, c’est ma réalité du moment. Cela ne fait pas de moi quelqu’un d’indigne » – plus on ouvre des portes pour vivre les choses différemment.

Le même raisonnement vaut pour la timidité ou n’importe quelle autre difficulté. L’enjeu n’est pas de l’éradiquer, mais de conserver ou de reconstruire le sentiment d’avoir de la valeur et de la dignité, même avec ce qui est là.

Chaque fois que nous refusons le réel en disant « c’est terrible », nous perdons de la puissance intérieure. Dire « c’est difficile, c’est préoccupant, mais oui, c’est comme ça » nous permet d’intégrer la difficulté sans fuite d’énergie.

Oui, c’est vrai. Oui, il faut faire avec. Et non, nous ne sommes pas privés de ressources.