Epstein : la France savait, et elle s'est tue
Jun 08, 2026Le 1er juin, sur le plateau de La Grande interview Europe 1-CNews, le criminologue Alain Bauer a posé une phrase qui devrait nous arrêter : l'affaire Epstein n'est ni du complotisme ni un fantasme, mais une réalité criminelle qui va, dit-il, nous exploser à la figure. Venant d'un homme du sérail, conseiller de gouvernements et spécialiste de la criminalité organisée, le propos n'a pas le poids qu'il aurait dans la bouche d'un militant.
Ce qu'il décrit n'est pas un cas, mais un système : des recruteurs, des lieux dédiés, des services rendus aux puissants, et au centre, des enfants violés par dizaines. Ghislaine Maxwell a été condamnée pour ce trafic.
La justice américaine a identifié plus de six millions de pages et n'en a rendu publiques qu'environ la moitié ; des fichiers concernant une accusation visant le président en exercice ont même été retirés de la base publique.
L'omerta n'est pas un soupçon, c'est un fait que l'on peut compter en pages. La France, elle, avait déjà ce dossier. Dès 2019, l'appartement parisien d'Epstein était perquisitionné, sa messagerie saisie et connue des magistrats.
Pourtant, après la mort de Jean-Luc Brunel, l'instruction a été close par un non-lieu, sans procès pour les victimes. Il aura fallu les documents américains pour que le parquet de Paris rouvre tout en 2026 et ouvre deux enquêtes, sur la prédation et sur l'argent. Reste à mesurer la profondeur exacte du volet français.
Mais l'essentiel est acquis : le crime, son ampleur, le silence qui l'a couvert. Bauer le résume d'une image : Epstein n'est pas le premier prédateur, il en est le modèle.
La question, désormais, est de savoir si la justice ira jusqu'au bout.