"Cette machine dans ma tête"

Jun 20, 2026
 

Cette émission s'ouvre sur une image : la « machine dans la tête » évoquée jadis par Axel Bauer. Nous possédons tous une fonction productrice de discours intérieur, qui nous accompagne environ la moitié de nos journées, le reste se partageant entre concentration, écoute d'autrui et expériences contemplatives. L'estimation, prudente car la définition même d'une « pensée » reste incertaine, situe ce flux entre 50 000 et 60 000 pensées par jour.

Deux traits ressortent de l'étude de ce discours. D'abord sa répétitivité : ce que nous nous racontons aujourd'hui recouvre à 80 ou 90 % ce que nous nous racontions hier. Or les processus neuronaux montrent qu'à force de répéter les mêmes contenus narratifs, le cerveau ouvre de véritables autoroutes de l'information : plus nous pensons une chose, plus il devient facile d'y revenir, d'où un cercle qui se renforce.

Ensuite sa négativité : ressentiment, anticipation anxieuse, préférence pour le verre à moitié vide. Cette tendance s'expliquerait par la sélection évolutive d'ancêtres vigilants, mieux armés face aux dangers d'autrefois.

D'où l'apport de la psychologie positive avec le ratio de positivité. Parce que nous réagissons plus fortement au négatif, nous aurions besoin d'au moins deux à trois contenus positifs pour chaque contenu négatif afin de préserver bien-être, santé mentale et qualité relationnelle. En deçà de ce seuil, les difficultés surviennent immanquablement. La proposition n'invite ni au tabou ni à la répression du négatif, dont la fonction d'anticipation reste précieuse. Il s'agit plutôt de recharger en permanence l'équilibre : observer avec bienveillance la nature de ses pensées, puis, lorsqu'on se surprend dans la négativité, se tourner vers la gratitude, les êtres aimés, l'émerveillement face à la beauté et à la bonté.

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