Ce que Pfizer savait, ce que Pfizer a dit
Oct 08, 2026Le 1er octobre 2026, le procureur général de Floride a assigné Pfizer et son PDG Albert Bourla devant un tribunal civil. Il s’appuie sur la loi de l’État relative aux pratiques commerciales trompeuses. Je présente les deux griefs de la plainte.
Le premier porte sur la sécurité. Au 28 février 2021, la base interne de pharmacovigilance de Pfizer recensait 42 086 rapports de cas, 158 893 événements indésirables et 1 223 décès notifiés, alors que l’entreprise affirmait publiquement ne voir aucun signal. Je rappelle ce que la sous-déclaration chronique implique pour la lecture de ces chiffres.
Le second porte sur la transmission, que les essais n’avaient pas mesurée, et sur le marché. La plainte met en regard 1,5 milliard de dollars investis, plus de 80 milliards de ventes et un prix de la dose presque quadruplé.
Je resitue cette plainte dans la ligne suivie par la Floride depuis la crise, des recommandations de Joseph Ladapo au rapport du grand jury. Je la rapproche aussi des auditions tenues au Canada par Dean Allison et au Sénat américain par Ron Johnson et Rand Paul.
Cette action n’inculpe personne et peut être rejetée. Comme pour Al Capone, tombé pour fraude fiscale, elle ouvre pourtant une porte : Bourla devra répondre devant un juge, et ce que l’entreprise savait pourra être versé au dossier.